Le blog de Marc Hatzfeld

Sur ce blog, vous trouverez mes articles ou conférences concernant des sujets que j'ai abordés depuis 2003 : les banlieues, la violence, la politique, la jeunesse, l'anthropologie, l'Inde, soit en Français, soit en Anglais. Et quelques séries de graphes captés sur mon tel dans plusieurs villes du monde.

La catastrophe

Entre l’image de la catastrophe et le conte des princes de Sérendip, l’aléa resserre un lien d’affinité moins ténu qu’il n’y paraît. La catastrophe est un événement aléatoire, en tout cas un événement qui échappe aux logiques causales dans lesquelles nous avons été habitués à faire entrer l’enchaînement des choses et le renouvellement du monde. La nouveauté du monde ou plutôt son émergence est le fond de tableau de cette réflexion. Le monde émerge en continu, il est comme un continent forcément nouveau qui ne cesserait depuis toujours d’émerger de l’Océan des mystères, toujours et encore, comme une illusion merveilleuse des sens et de l’intelligence, émergence à la fois constante et saccadée

Zoner

L’expression de zoner est empruntée au vocabulaire argotique contemporain de certaines cités de la banlieue populaire française. À la question : « que fais-tu samedi ? » on répond : « je vais zoner à la Défense. » Ou l’on dira : « je zonais depuis une heure quand j’ai vu Untel. » Ou encore : « On savait pas quoi faire, on zonait, on cherchait des occases. » Dans tous les cas, zoner signifie déambuler, errer, vagabonder, mais en état de veille. Zoner n’a pas de but précis, mais requiert ou plutôt implique une attitude qui est celle du chasseur indécis à l’affût sur son territoire ou du voyageur sans but mais attentif à son entourage. Comme toutes les expressions argotiques, zoner est un mot f

© Marc Hatzfeld 2018